Pierre COLBOC, architecte


Courrier à Jean-Marc Fritz, de l’agence SEURA


Paris, le 6 novembre 2010


Cher confrère,

A la suite de notre entretien récent, je me suis autorisé à tenter de concrétiser mes suggestions par le dessin, muni des modestes informations communiquées au public, et très sensible à tes réserves sur l’idée de conserver cette place.

C’est par rapport à ces dernières que j’ai orienté mes cogitations, tant géométriquement (plans et coupes joints) que spatialement (perspectives jointes).

Pour les cotes indiquées, approximatives, le seul relevé que j’ai pu effectuer est celui des gradins.

J’espère n’avoir pas déformé tes dires, en prenant comme hypothèse la cote moyenne de 36,00 NGF pour la « prairie » ?

Je reste à votre disposition, à titre strictement amical et personnel, pensant que si votre équipe acceptait de revenir sur cette partie de son projet, vous pourriez voir les politiques pour les convaincre de cette évolution, ayant cru comprendre qu’il n’y a pas urgence pour la concrétisation de ce secteur.

Dans l’attente de vos réactions, partage avec tes confrères l’assurance de mon très cordial souvenir.

Pierre Colboc, architecte



Lettre originale



Proposition à l’attention de David MANGIN, Jean-Marc FRITZ et Philippe RAGUIN,
maîtres d’œuvre du Jardin des Halles


A la suite de mes courriers du 13 octobre et de l’aimable accueil de Jean-Marc Fritz le 29, je me permets d’insister sur l’intérêt de sauvegarder la partie basse de cette place, parce qu’elle ajouterait à votre projet un lieu de repos entre ville et jardin, et parce que son insertion ne devrait pas remettre votre parti en cause. (nota : pour abréger, je nomme votre équipe « SEURA »).


Croquis n°1

Croquis n°2

Croquis n°3

Les gradins existants amorcent en plan un demi-cercle, pour se terminer perpendiculairement à l’allée en diagonale débouchant sur la Tête.

Cette forte asymétrie, destinée à mettre en scène cette sculpture, serait à prendre en compte dans le projet de réutilisation que je propose.

Celui-ci se limiterait aux 3 gradins du bas, le reste de l’aménagement actuel étant à démolir.

Le projet actuel élimine toute « mise à distance » devant St Eustache, d’autant que la partie face au transept devient circulation, empêchant le stationnement assis à cet endroit.

Ma proposition consiste à subdiviser la largeur des gradins existants (4,20 m) en disposant 3 gradins de 2,10 m à partir du milieu du gradin bas (voir coupes croquis 4).

Côté Ouest, ces gradins seraient prolongés par ceux du projet SEURA, sensiblement de mêmes hauteurs.

Côté Est, un escalier, mémoire de la diagonale condamnée (à juste titre), ferait transition avant l’autre jonction avec les gradins SEURA.

Je propose, en effet, d’éviter un escalier dans l’axe du cheminement Nord-Sud prévu face au porche de St Eustache, afin de conserver à l’hémicycle toute sa cohérence.


Croquis n°4

Croquis n°5

La schématique coupe du haut semble indiquer que la cote moyenne de la « Prairie » serait 36,00 NGF, soit la hauteur du gradin le plus haut que je propose, niveau de votre « Allée nord » ?

La coupe du bas précise le remodelage des gradins décrits précédemment.

Les gradins proposés, diminuant de moitié l’emprise des gradins et bassins actuels, perturberaient peu la « Prairie », d’autant qu’elle « glisserait » en douceur le long de cet hémicycle, au moyen de votre « Allée nord », devenant ainsi belvédère sur Saint-Eustache.

 

Photo n°6

Croquis n°7

Croquis n°8

La coupe sur les gradins, repérés d’après la photo, précise les modifications proposées.

Au premier plan, l’Allée nord contourne l’hémicycle.

Sur sa droite, on devine l’escalier descendant face à la sculpture.

A l’extrême droite : retour des gradins SEURA.

Au premier plan, les 4 gradins sont ceux de l’étude SEURA.

Sensiblement de même topographie que ceux de l’hémicycle, ils en assureraient la continuité, mais avec leur géométrie propre.



Ainsi réintégrée dans votre projet, la place René Cassin lui apporterait une valeur d’usage complémentaire : un lieu en retrait mais directement ouvert sur al ville, où les passants de tous âges continueraient d’avoir plaisir à s’asseoir pour un instant, sans avoir à appréhender la « Prairie » et ses usages multiples… tout en prenant le temps de contempler l’église… et le flot ininterrompu des gens empruntant la rue Rambuteau.



Cahier original


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